Début juillet, Oren Nataf est véritablement un passionné de voile. Après avoir remporté quatre fois le Bailly de Suffren et deuxième de la dernière Transat Classique avec son Stiren, un plan Stephens de 1963, qui lui avait valu d’être nominé aux YCM awards 2019, le sociétaire du Yacht Club de Monaco s’est lancé dans un nouveau défi : participer à la Route du Rhum 2022.

 

Très déterminé, et alors qu’il effectuait une session d’entraînement de nuit, à 60 milles de Ouessant, en double avec le très expérimenté Sidney Gavignet, le bras de liaison tribord de son Multi50 Gamin a cassé, provocant le démâtage du trimaran de 50 pieds.

 

« On venait de changer de quart avec Sidney à minuit et demi, il y avait 22 nœuds de vent, du Nord-Ouest, nous avions pris 2 ris sur la grand’voile et établi la trinquette, les dérives étaient relevées à mi-hauteur ; le bateau était assez léger dans les vagues. La mer était formée avec au moins 3 mètres de creux. En retombant derrière une vague, la poutre sous le vent a cassé et le bateau s’est couché. J’étais seul sur le pont, à la barre. Tout s’est passé très vite. J’ai eu peur que le bateau cède. J’ai pu rentrer dans la coque centrale par le panneau principal, l’eau coulait déjà par les hublots et le mât a ensuite cassé. Nous avons donc perdu la VHF. Nous avons déclenché nos deux balises intérieures et extérieures, qui émettent un signal radio et des flashs. Nous avons gardé notre grab bag qui contenait les fusées de sécurité à portée de main. », explique Oren Nataf.

 

Et de poursuivre : « L’attente fut longue, très longue, ne sachant pas si quelqu’un captait nos signaux de détresse. Un hélicoptère est finalement venu 2 heures plus tard et a jugé qu’il était trop dangereux de nous secourir vu les vagues. Un navire de la marine anglaise est alors venu sur place. Nous avons sauté à l’eau et nagé ver le bateau qui nous a hissé péniblement à bord et nous a débarqué aux Scilly ».

Le lendemain, un bateau affrété par l’assurance est venu récupérer le trimaran pour le ramener en Bretagne. « Avec le mât et la bôme dans l’eau, on ne pouvait pas aller vite. On a dû le remorquer pendant 30 heures à une vitesse de 3 nœuds, pour ne rien risquer d’endommager » commente Oren.

 

Il est vrai qu’avec un tel pédigrée, le résident monégasque ne pouvait pas se résoudre à abandonner, ce multicoque, construit en 1991 par Bruno Louit à partir des plans de Jean-Pierre Brouns et de Patrice Gaudry, qui a participé à six éditions de la Route du Rhum et en a gagné trois dans la catégorie Rhum Multi.

 

Une expérience qui n’entame en rien sa motivation pour participer à la Route du Rhum 2022.