Le skipper allemand et membre du Yacht Club de Monaco s’est donc élancé une nouvelle fois dans cette épreuve qu’il connaît bien pour y avoir déjà pris part en 2017 et 2019. Le marin renoue avec la route du café à bord de sa toute nouvelle monture. Sorti de chantier en juillet 2022, le 60 pieds a déjà goûté au large à l’occasion de la dernière Route du Rhum courue en solitaire mais également lors de The Ocean Race, un tour du monde par étapes et en équipage de 32.000 milles nautiques qui s’est conclu par une très belle 3e place. A ses côtés, l’on retrouve William Harris, co-skipper de Malizia-Seaexplorer. Il s’agit de leur deuxième collaboration sur cette épreuve après leur participation en 2019.
Les organisateurs ont donc revu leur copie concernant le tracé initial afin de non seulement raccourcir le parcours mais aussi pour éviter de nouvelles dépressions. Après la sortie de la Manche, ils traceront leur route vers Fort de France en laissant à tribord l’archipel des Açores. Les 3765 milles nautiques s’annoncent tour à tour musclés et tactiques puisque dès la matinée de ce mercredi 8 novembre, un front attend les concurrents avec 30 nœuds établis, et 35 à 40 nœuds dans les rafales.
« Je suis impatient » commente Boris Herrmann, « nous avons eu un report d’une semaine où j’ai attendu la tempête avec ma famille à Hambourg. Le bateau a été amarré en toute sécurité au Havre et l’équipe s’est bien occupée de lui. Le parcours plus court est une bonne idée car j’ai besoin de temps pour participer à la course de retour en solitaire qui a lieu juste après la Transat ». Pour le skipper allemand, pas de changement dans les objectifs « il est le même qu’il y a une semaine, nous allons nous confronter à certains des nouveaux bateaux de la classe que je vais affronter dans le Vendée Globe l’année prochaine et nous allons tester et perfectionner le bateau dans le mode de course en semi-solitaire »
La catégorie Open Sea a donné le coup d’envoi des festivités avec le YCM E-Boat Rallye, rassemblant une quinzaine d’unités, dont El Iseo, le premier Riva 100% électrique conçu par Ferretti Group et Deep Silence de Sialia Yachts, l’une des plus grandes unités à propulsion principale électrique commercialisée. Madblue marine P-01 et Inocel-Poséidon, propulsés à l’hydrogène, ont été avitaillés par Natpower aux côtés de Cambridge University Riviera Racing en Energy Class, en trente minutes seulement. « Poséidon possède une pile à combustible que l’on a développé et que l’on va industrialiser. L’idée est de développer la technologie et de montrer aux étudiants du Monaco Energy Boat Challenge que l’idée peut devenir une réalité, pour moi voici le vrai changement » note l’explorateur Mike Horn, co-fondateur de Inocel. Les unités ont pu s’amarrer au E-Dock dont une dizaine de bateaux Vita et Evoy. Le rendez-vous, en véritable plateforme de networking, a permis à ces deux sociétés d’annoncer leur collaboration, devenant le leader européen de la propulsion marine électrique haute puissance, en inboard et outboard, un an seulement après leur première rencontre au Y.C.M.
Intitulée « Carburants alternatifs et les technologies de pointe dans le domaine du yachting », la conférence de l’évènement a exploré l’avenir durable du secteur, en mettant en avant les carburants alternatifs comme le méthanol, prometteur en raison de sa facilité de stockage. « Plusieurs critères sont pertinents pour les carburants alternatifs, tels que la densité énergétique, la sécurité, la maniabilité, etc. » note Bernhard Urban, responsable du développement et de l’innovation chez Lürssen. « Nous avons besoin de chantiers navals, de partenaires techniques, mais aussi de la confiance des propriétaires de yachts et des équipages, de la disponibilité des carburants dans les ports et de la rapidité des autorités à définir les réglementations », a ajouté Paolo Bertetti, vice-président technique et R&D de Sanlorenzo. La question des réacteurs nucléaires à bord des yachts a également occupé les débats, bien que l’idée, pertinente sur le plan technique, voire réglementaire, souffre d’autres défis à relever, en particulier sur la propriété des réacteurs et du combustible, sans parler de son coût. En parallèle, le SEA Index® a présenté une nouvelle méthodologie de calcul des émissions de CO2, adaptable aux biocarburants, en partenariat avec RINA, visant à mieux évaluer l’impact environnemental du choix des carburants.
Voir le replay : https://www.youtube.com/watch?v=zIc2NCqcNl0