À Monaco, Sir Ernst boucle une traversée pas comme les autres. Soutenu par le Y.C.M., l’équipage mené par François Miribel et Fabrice Papazian, membres du Club, a jeté l’ancre ce vendredi dans la YCM Marina. Une arrivée qui marque bien plus qu’un simple retour à quai. Pendant plusieurs jours, une dizaine de jeunes en rémission de cancer ont en effet partagé le quotidien de la mer, embarqués aux côtés de l’association « À chacun son cap ». Une traversée simple sur la carte, mais dense dans ce qu’elle a créé.
Dès les premières heures à Saint-Tropez, quelque chose s’est enclenché. Les présentations, les gestes encore hésitants à bord… puis très vite, l’envie de participer. Barrer, hisser, comprendre : rien n’a été imposé et chacun est entré dans le rythme comme il pouvait. Le Y.C.M. a mis à disposition quatre bateaux de ses membres pour permettre à ces jeunes de vivre une expérience unique en son genre. Portée par une légère brise d’est, la flotte a longé la côte, fait escale dans le golfe de Saint-Tropez, puis a mis le cap sur Fréjus. Les jours suivants, le décor a changé sans cesse : l’Estérel, les îles de Lérins, Antibes, Sainte-Marguerite… jusqu’à Beaulieu-sur-Mer, dernière étape avant Monaco. Vendredi en fin de matinée, le groupe est arrivé en Principauté, accueilli au Yacht Club de Monaco.
Les journées se sont enchaînées, sans jamais se ressembler. Navigation tranquille, mouillages, moments plus techniques quand le vent devenait instable… et entre tout ça, une succession d’instants simples : un déjeuner préparé ensemble, une baignade improvisée, des rires en annexe ou encore une soirée qui s’étire dans un cockpit trop petit pour tout le monde. À Monaco, Sir Ernst boucle une traversée pas comme les autres, faite de navigation, mais surtout de moments partagés qui restent gravés.
Il y a ce qu’on voit : les voiles, les paysages, les manœuvres. Et puis il y a le reste. Les discussions qui arrivent sans prévenir et les silences aussi. Encadrés, oui. Mais surtout accompagnés autrement. Petit à petit, les rôles ont évolué. Les jeunes ont pris de l’assurance, ont participé et se sont impliqués. L’équipage est alors devenu un groupe où l’échange s’ancre dans la simplicité.
À Monaco, l’accueil est là, bien sûr. Mais ce n’est pas ce qui marque le plus. Ce qui reste, c’est le chemin parcouru entre les deux. Pour certains, c’était une première fois en mer. Pour d’autres, une première fois depuis longtemps à vivre quelque chose sans contrainte médicale en arrière-plan. Avec Sir Ernst, le Y.C.M. s’engage concrètement, en permettant à chacun de vivre autre chose… et, pendant quelques jours, de laisser la mer prendre le relais.
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