À 7 h 38, dans le port de Lorient, Boris Herrmann met à l’eau Malizia 4 pour la première fois. Le moment est chargé d’émotion pour le navigateur allemand et l’ensemble de son équipe, qui voient enfin leur nouveau bateau quitter le chantier après un long travail de conception.
Le projet a mobilisé plus de 150 personnes pendant deux ans afin de concevoir un IMOCA capable de franchir un nouveau cap en matière de performance. Dès sa mise à l’eau, le bateau a rejoint le quai Papin pour recevoir son mât, sa bôme et l’ensemble de son gréement avant de débuter une série de tests statiques puis ses premiers essais en mer.
Pour Boris Herrmann, cette journée constitue une étape majeure dans la préparation des prochaines saisons. « Aujourd’hui est une journée très émouvante pour nous tous » confie le skipper qui n’a pas caché sa fierté en découvrant son nouveau bateau à flot, convaincu que cette nouvelle monture possède le potentiel pour rivaliser avec les meilleures références de la classe IMOCA. « Depuis des mois, nous avons vu Malizia 4 prendre forme, depuis les plans jusqu’à sa construction pièce par pièce, et le voir enfin à l’eau est un moment très spécial. Je suis incroyablement fier de l’équipe et de ce que nous avons accompli. Je suis aux anges de le voir. »
Avec Malizia 4, Team Malizia a fait évoluer sa philosophie de conception. Si l’ancien bateau excellait dans les conditions musclées au portant, le nouvel IMOCA ambitionne d’être performant sur l’ensemble des allures.
La coque, plus étroite et plus plate, présente un rocker nettement réduit, un choix destiné à améliorer la polyvalence et les performances dans différentes conditions de navigation. Les nouveaux foils ont été dessinés pour conserver les qualités de vol dans des conditions de vent soutenu tout en améliorant le comportement du bateau au près et dans les vents plus faibles. Le mât pèse également 20 kilos de plus que celui du précédent IMOCA, portant à 540 kg le poids total de la bôme et du gréement.
Le cockpit a également été entièrement repensé. Totalement fermé, il est doté de grandes baies vitrées panoramiques. L’une des différences les plus visibles : la présence de barres à roue à la place d’une barre franche. Un choix stratégique qui doit permettre un pilotage plus précis et plus efficace lors des longues traversées océaniques. « C’est nous, les marins, qui faisons la plus grande différence, du moins dans certaines conditions. Cela signifie que la barre doit être ergonomique, abritée pour pouvoir rester debout plus longtemps, et elle doit être suffisamment réactive pour sentir le bateau et prendre vraiment plaisir à le barrer » commente le skipper. Deux couchettes se situent dans la cabine arrière. Deux autres couchettes, ainsi que le fauteuil et les ordinateurs de navigation, sont disposés dans des espaces fermés de part et d’autre du cockpit, créant ainsi des espaces de vie très proches de celui-ci. Le coffre à voiles situé à l’avant du bateau est accessible depuis ces espaces fermés latéraux.
L’électronique embarquée franchit également un cap. Des capteurs surveillent en permanence les principaux systèmes du voilier tandis que des technologies d’intelligence artificielle assistent les navigateurs dans la détection des obstacles flottants. Le système de propulsion et d’énergie hybride-électrique a lui aussi été optimisé afin de limiter l’impact environnemental tout en garantissant l’autonomie nécessaire lors des courses au large.
Conçue par JB Epron, la nouvelle identité visuelle noire et rouge du bateau s’inscrit dans la continuité de celle de Malizia – Seaexplorer et arbore sur la coque la question suivante : « What’s under your boat? ». Il s’agit d’un hommage à la question que l’océanographe et exploratrice Sylvia Earle avait posée pour la première fois à Boris Herrmann lors de leur rencontre.
Cette mise à l’eau possède une valeur symbolique particulière. Team Malizia célèbre cette année son dixième anniversaire, une décennie après sa création par Boris Herrmann et Pierre Casiraghi, vice-président du Yacht Club de Monaco.
« Le bateau, qui navigue sous pavillon monégasque, porte toujours le numéro de voile MON1297. Ce numéro fait référence à l’année où Francesco Grimaldi, surnommé « Il Malizia », a conquis le Rocher de Monaco », a précisé Boris Herrmann. « Nous célébrerons son baptême et les 10 ans de Team Malizia avec toute l’équipe, nos partenaires, nos amis et nos familles le 18 juillet 2026 à Lorient. Ce sera une nouvelle journée exceptionnelle à partager tous ensemble. »
En dix ans, Team Malizia s’est forgée une solide réputation sur le circuit IMOCA, en associant innovation technologique, performance sportive et engagement en faveur de la protection des océans.
Fidèle à cette philosophie, Malizia 4 embarquera de nouveau un laboratoire scientifique destiné à recueillir des données sur le climat et les océans tout au long de ses navigations. Température de surface, salinité ou encore concentration en CO₂ seront analysées afin d’alimenter les travaux des chercheurs sur l’évolution du milieu marin.
Après ses premiers essais au large de Lorient, le nouvel IMOCA prendra la direction de New York avant de disputer The Ocean Race Atlantic de New York à Lorient. Boris Herrmann enchaînera ensuite avec la Route du Rhum, puis The Ocean Race 2027, avant le Vendée Globe 2028-2029, objectif majeur de ce nouveau projet sportif.
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