Nemo-Systems

Dans cet article :
Dans les paddocks du Monaco Energy Boat Challenge, certains construisent un prototype. D’autres y trouvent le point de départ d’une carrière. Fondateurs de Nemo-Systems, Maëlle Truchement, Simon Dorthe et Marc Guynot appartiennent à cette seconde catégorie. Anciens participants devenus entrepreneurs, ils reviennent aujourd’hui avec une technologie qui équipera les bateaux engagés dans l’édition 2026. Rencontre avec Maëlle Truchement, cofondatrice et CEO de la jeune entreprise.

Vous avez tous les trois participé au Monaco Energy Boat Challenge en tant qu’étudiants. Aujourd’hui, vous revenez avec votre propre entreprise. Comment est née l’aventure Nemo-Systems ?

L’aventure a commencé il y a un peu plus d’un an lorsque Marc Guynot et Simon Dorthe ont imaginé le Datalogger NEMO, un système capable de collecter et d’exploiter les données embarquées sur les bateaux électriques. À mesure que le projet prenait forme, ils ont identifié un potentiel bien au-delà de la compétition. Je les ai rejoints pour développer les aspects business, stratégie et communication. C’est ainsi qu’est née Nemo-Systems.

En quoi consiste votre technologie ?

Nous avons développé un datalogger capable de collecter en temps réel des données essentielles sur le comportement du bateau : tension, courant, consommation énergétique ou encore position GPS. Le but pour nous était d’avoir deux volets stratégiques : un suivi GPS très précis pour la gestion des courses et la possibilité de mesurer l’efficience énergétique des bateaux. Nous voulions comprendre ce que le bateau va consommer, comment il va consommer cette énergie, et comment nous pouvons exploiter ces données ensuite.

Quel sera votre rôle pendant le Monaco Energy Boat Challenge ?

Notre technologie équipera l’ensemble des bateaux engagés dans la compétition. Pour les équipes de l’Energy Class, nous assurerons un suivi détaillé des performances énergétiques. Pour les autres catégories, le système permettra le tracking en temps réel. Toutes ces données seront centralisées sur une plateforme développée par Nemo-Systems afin de faciliter le suivi des courses et l’analyse des performances. Ces dataloggers vont communiquer par 4G avec notre plateforme et via nos serveurs. Et grâce à ça, nous allons pouvoir exploiter ces données et visualiser la course. Nous pourrons ainsi voir pour chacun des bateaux, quelles sont ses données d’efficience, ce qu’il est en train de consommer, où est-ce qu’il est placé, quel est son classement dans la course. Et pour ce faire, nous avons trois niveaux différents :

  • Point de vue équipe : chaque équipe pourra voir où se trouve son bateau et suivre sa consommation.
  • Point de vue responsable de course : qui aura une vision d’ensemble de la flotte.
  • Point de vue administrateur : qui nous permet vraiment de voir en temps réel tous les bateaux, quelle est leur consommation, détecter d’éventuels problèmes de batterie, de surchauffe ou autre, et de pouvoir agir.

Comment ce dispositif se positionne d’un point de vue environnemental ?

En termes de conception, nous l’avons pensé au plus simple et facilement intégrable dans les bateaux. Nous l’avons conçu avec des matériaux aussi durables que possible et dans une logique de long terme, afin qu’il puisse s’intégrer à des projets plus ambitieux que nous souhaitons développer à l’avenir.

Comment comptez-vous faire évoluer le dispositif Nemo ?

Pour la prochaine édition, nous aimerions pouvoir le faire évoluer, l’intégrer de manière plus optimisée, mais également dans la dimension IA qui devient vraiment un sujet d’actualité. Nous souhaitons également développer l’option de la caméra embarquée, d’avoir un accès au pilote, de rassembler ses données en temps réel à travers un dashboard. Ce serait une sorte d’écran qui lui permettrait de pouvoir visualiser où il en est dans la course.

Vous êtes également finalistes de l’incubateur de start-ups MonacoTech. Que représente cette sélection ?

C’est une formidable opportunité. Nous avons été sélectionnés parmi une centaine de candidatures et faisons partie des cinq finalistes. Nous avons hâte de voir ce que cela donnera, et nous espérons désormais intégrer l’incubateur pour nous rapprocher de l’écosystème monégasque.

Que représente le Monaco Energy Boat Challenge pour vous aujourd'hui ?

C’est émouvant. Nous avons découvert cet événement lorsque nous étions encore étudiants ingénieurs. Aujourd’hui, nous y revenons avec notre propre entreprise. Cela montre qu’avec de l’ambition, du travail et de la discipline, il est possible de transformer une idée en une solution concrète qui trouve sa place au sein du Monaco Energy Boat Challenge.

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