Swiss Solar Boat s’impose à Monaco

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Pendant quatre jours, Monaco a vécu au rythme des essais, des conférences et des courses. Organisée par le Yacht Club de Monaco avec le soutien de la Fondation Prince Albert II de Monaco, UBS, BMW, SBM Offshore, la Mairie de Monaco, NatPower H et ESA NanoTech, la 13e édition du Monaco Energy Boat Challenge a réuni 54 équipes représentant 21 nations, plus de 500 étudiants aux côtés de chercheurs, industriels et chantiers navals, parmi lesquels Safe Harbor, Oceanco, Ferretti Group, Azimut | Benetti Group et Lürssen, autour d’une même ambition : accélérer la transition énergétique du secteur maritime. Lionel Beffre, Conseiller de Gouvernement, Ministre de l’Intérieur, est venu à la rencontre des équipes lors de la dernière journée de compétition. Il a salué un événement qui illustre une autre facette de Monaco, tournée vers l’innovation, la recherche et la transition environnementale. À ses yeux, le Monaco Energy Boat Challenge est devenu un véritable laboratoire où se rencontrent étudiants, industriels et chercheurs afin de faire émerger les solutions maritimes de demain. « C’est en mélangeant les cultures et les idées des uns et des autres que l’on pourra collectivement progresser. » Bien au-delà de la compétition, le rendez-vous s’affirme désormais comme une plateforme où se croisent recherche, enseignement supérieur et industrie. Les prototypes naviguent, les idées circulent, les technologies se confrontent à la réalité et les industriels viennent observer, accompagner et parfois recruter les talents qui construiront le yachting de demain. « C’est un lieu où se rencontrent étudiants, chercheurs, industriels et institutions pour confronter des idées, tester des technologies et accélérer la transition du secteur maritime. Les projets qui y sont présentés évoluent, les collaborations s’y nouent et des partenariats stratégiques y voient le jour. Cette année encore, le Challenge démontre que les innovations qui transformeront le secteur maritime prennent souvent leur élan à Monaco » commente Bernard d’Alessandri, Directeur et Secrétaire Général du Y.C.M. Cette dynamique s’inscrit dans une continuité historique propre à la Principauté : « Je suis sûr qu’ici, des nouveautés mondiales sont présentées. Ça va être repris, ça va donner des idées ou permettre d’autres réflexions aux chantiers. » Cette année, la Suisse s’impose au classement général avec la victoire de Swiss Solar Boat (École Polytechnique Fédérale de Lausanne) engagé en SeaLab Class. L’équipe helvétique s’est illustrée tout au long de la semaine, montant régulièrement sur le podium lors des épreuves sportives, du E-Championship, mais aussi en remportant deux Tech Talk Prizes (Design Prize et Eco-Conception Prize).

Des performances qui confirment la montée en puissance des technologies

Sur l’eau, les résultats confirment la montée en maturité des technologies présentées depuis plusieurs années. Les différentes catégories (Energy Class, AI Class, SeaLab Class et Open Sea Xperience) ont permis d’évaluer les technologies dans des conditions identiques. Car l’expérimentation s’avère être une parfaite méthode d’apprentissage, comme en témoigne Robin Amacher – Operation Manager, Discovery Learning Lab, EPFL engagé aux côtés de l’équipe Swiss Solar Boat : « Au lieu d’apprendre de façon théorique, là, ils fixent la connaissance en la mettant en pratique. » Les écarts se resserrent également entre les équipes. La baisse volontaire de près de 30 % de la puissance autorisée cette année ne s’est pas traduite par une baisse des performances. Au contraire, les vitesses moyennes ont progressé d’environ 8 %, signe d’une amélioration globale de l’efficacité énergétique des bateaux. Lors de la Championship Race, les deux premiers équipages n’étaient séparés que d’une trentaine de centimètres à l’arrivée, illustrant le niveau désormais atteint par les concurrents. Autre temps fort : le nouveau record de vitesse décroché par le Frauscher x Porsche – 790 Spectre avec une vitesse moyenne de 51,05 nœuds. Au-delà des résultats sportifs, cette édition marque une nouvelle étape dans la maturité des technologies présentées. Les batteries développées sur mesure par les étudiants gagnent en performance grâce à de nouveaux systèmes de régulation thermique à changement de phase (PCM), capables de maintenir une température optimale lors des fortes sollicitations des cellules.

Le e-méthanol fait son entrée

L’une des principales innovations présentées cette année est l’e-méthanol utilisé à bord du SURGE Methanol Foiling Team Twente (University of Twente). Car l’e-méthanol, comme l’explique Jérémie Lagarrigue, président du Jury International du Challenge : « est aujourd’hui un combustible qui est produit avec de l’hydrogène et de la captation de CO2. Ça nous permet d’avoir un bilan neutre en termes d’émissions de CO2. » À bord, ce e-méthanol est ensuite reconverti en hydrogène pour alimenter une pile à combustible, sans émission directe. Cette solution permet de disposer, à volume équivalent, d’une densité énergétique environ trois fois supérieure à celle de l’hydrogène gazeux.

Les conférences prolongent les essais en mer

Comme les prototypes, les idées ont été mises à l’épreuve. L’Advanced Yachting Technology Conference du jeudi 9 juillet a mis en lumière les grandes transformations qui façonnent le yachting de demain. Les échanges ont montré que la transition ne repose plus uniquement sur les nouvelles propulsions, mais sur une approche globale intégrant efficacité énergétique, intelligence artificielle, exploitation des données, cybersécurité et nouveaux outils de conception. Les intervenants ont souligné le rôle croissant de l’IA dans l’optimisation de la navigation et du design, tout en rappelant que l’expertise humaine demeure essentielle et une attention particulière doit être portée à la cybersécurité dès la conception des navires.

 

Le lendemain, la 7th Alternative Fuels & Sustainable Yachting Conference, organisée par le Y.C.M. et la Fondation Prince Albert II de Monaco, a confirmé que la décarbonation du transport maritime reposera sur un bouquet de solutions complémentaires plutôt que sur une technologie unique. Hydrogène, e-méthanol, propulsion vélique, batteries et même nucléaire ont nourri les échanges entre industriels, chercheurs et sociétés de classification. Les solutions techniques existent désormais, mais leur déploiement dépendra principalement du développement des infrastructures, de l’évolution des réglementations et des investissements nécessaires pour accompagner leur industrialisation.

Le Challenge : un accélérateur de rencontres

Avant même le début des courses, le Job Forum a une nouvelle fois illustré l’une des caractéristiques du Challenge : rapprocher les étudiants des entreprises. Pendant deux jours, près de 300 entretiens ont eu lieu, favorisant recrutements, stages et collaborations. Parmi les étudiants venus rencontrer les recruteurs, Milena Idolo, Design Unit Coordinator de Politecnico di Milano, y voit une occasion d’anticiper son entrée dans la vie professionnelle : « J’arrive bientôt au terme de mes études. C’est l’occasion de s’entretenir directement avec les entreprises, de discuter de notre avenir et de découvrir de futures opportunités. » Mais les échanges commencent parfois bien avant, notamment grâce au Corporate Mentoring Programme qui permet à des acteurs majeurs du secteur d’accompagner les équipes tout au long de l’année dans le développement de leurs projets. 

Des annonces qui dépassent le cadre de la compétition

Parmi les annonces majeures figure le partenariat conclu entre NatPower Marine qui intègre Aqua superPower au sein de sa plateforme afin d’accélérer le déploiement de solutions de recharge électrique dans les ports et les marinas à l’échelle mondiale. Présentes toutes deux au Challenge, NatPower H en tant que fournisseur officiel d’hydrogène et Aqua superPower et ses bornes de recharge installées sur le E-Dock pour les bateaux électriques, partagent une même vision : accompagner l’électrification du secteur maritime grâce à des infrastructures développées à grande échelle et pensées comme un réseau cohérent.

Monaco regarde déjà vers la prochaine étape

Au-delà du bilan sportif, cette 13e édition aura confirmé l’évolution du Challenge. Désormais reconnu comme une plateforme internationale d’innovations, le rendez-vous poursuit son développement avec le lancement d’un futur parcours international de qualification dédié aux bateaux de la classe Energy. Le Monaco Energy Boat Challenge World Series comprendra une première étape confirmée à Darwin, avant d’être progressivement déployé sur d’autres continents. Cela permettra d’accueillir de nouvelles équipes tout en préservant l’exigence sportive et technologique qui fait l’identité du rendez-vous.

 Palmarès 2026 du 13e Monaco Energy Boat Challenge

 

2026 MEBC Champion : Swiss Solar Boat (École Polytechnique Fédérale de Lausanne-Suisse)

 

Vainqueur Energy Class : University of Bologna Argonauts Team – Italie

 

Vainqueur IA Class : Adria Autonomous Boat Team (Croatie)

 

Vainqueur SeaLab Class : Red Wave (Italie)

 

Prix Prince Albert II of Monaco Foundation Sustainable Yachting Technology Award -> Kumaraguru College of Technologie – Inde

 

Prix de l’innovation -> Physis Polimi Energy (Politecnico di Milano-Italie)

 

Prix du design -> Swiss Solar Boat (École Polytechnique Fédérale de Lausanne-Suisse)

 

Prix de la communication -> Tecnico Solar Boat (Portugal)

 

Prix de l’éco-conception soutenu par MarineShift -> Swiss Solar Boat (École Polytechnique Fédérale de Lausanne-Suisse)

 

Prix Coup de cœur du Jury -> Wia Electric Yachts (Hongrie)

 

Prix spécial « nouvelle équipe » -> UGent Sailing (Belgique)

 

SeaLab record des 16 milles nautiques -> Xnrg8.3 (Pays-Bas)

 

E-sport Championship -> Tu Delft Hydro Motion Team (Pays-Bas) 

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