Pendant que chercheurs et industriels débattaient des technologies qui façonneront le yachting de demain, les étudiants les mettaient à l’épreuve en conditions réelles. Jeudi, la baie monégasque est entrée dans le cœur sportif du 13e Monaco Energy Boat Challenge. Organisé par le Yacht Club de Monaco, le rendez-vous réunit jusqu’au 11 juillet 54 équipes représentant 21 nations autour d’un même objectif : concevoir, construire puis faire naviguer des bateaux capables d’accélérer la transition énergétique du secteur maritime.
Répartis entre les catégories Energy Class, AI Class, SeaLab Class et Open Sea Xperience, les concurrents se sont succédé tout au long de la journée sur différents parcours mêlant vitesse, précision, manœuvrabilité et autonomie. Chaque seconde de gagnée traduit des mois de recherche consacrés à l’optimisation des systèmes de propulsion, à l’efficacité énergétique, à l’allègement des structures ou encore au développement d’algorithmes de navigation.
Catégorie historique du Challenge, l’Energy Class a ouvert les hostilités avec les qualifications. Le meilleur temps revient à l’équipe croate Adria Racing Team, qui boucle le parcours en 48,107 secondes, devant les Italiens de University of Bologna Argonauts Team (51,149 s) et PHYSIS – Polimi Energy Boat (51,441 s). Très dense, cette première hiérarchie confirme également la solidité des universités italiennes, qui placent quatre équipes dans les cinq premières positions. Ces premiers chronos ne constituent toutefois qu’une photographie provisoire d’une compétition appelée à se resserrer.
En AI Class, les bateaux évoluent sans pilote à bord. Les systèmes embarqués doivent reconnaître leur environnement, suivre un parcours imposé puis effectuer des manœuvres avec une précision entièrement autonome.
L’équipe croate Adria Autonomous Boat Team a dominé cette première journée en remportant les deux épreuves disputées. Elle s’impose d’abord lors de la Docking Race en 39,27 secondes, devant TGM – Solar Boat Team (Autriche) et UGent Sailing (Belgique), avant de confirmer lors de la Sprint Race avec un temps de 1 min 21,89 s.
Au-delà du classement, cette catégorie illustre l’une des évolutions majeures du Challenge : l’intelligence artificielle devient un véritable terrain d’expérimentation appliqué au monde maritime.
La SeaLab Class poursuit une logique différente. Les équipes y développent des démonstrateurs destinés à tester des technologies émergentes avant leur transfert vers l’industrie.
L’épreuve de manœuvrabilité a été remportée par l’équipe italienne Red Wave, devant le Swiss Solar Boat Team et TU Delft Hydro Motion Team. Le projet néerlandais SURGE Methanol Foiling Team, premier bateau méthanol engagé dans l’histoire du Monaco Energy Boat Challenge, poursuit quant à lui son programme d’essais en conditions réelles et termine cinquième de cette première manche.
La journée a également été marquée par l’épreuve du record de vitesse disputée sur un kilomètre (2 × 500 mètres), réunissant les différentes catégories autorisées à prendre le départ. Le Frauscher x Porsche – 790 Spectre s’est imposé avec une vitesse moyenne de 51,05 nœuds, établissant au passage un nouveau record du Monaco Energy Boat Challenge. Il efface ainsi la précédente référence de 49,84 nœuds, déjà détenue par Frauscher x Porsche. Derrière lui, le XNRG.tech – XNRG8.3 prend la deuxième place avec 45,33 nœuds, tandis que le Taiga Orca P2 complète le podium composé intégralement de bateaux issus de la catégorie Open Sea Xperience. Chez les étudiants de l’Energy Class, Adria Racing Team signe également la meilleure performance avec une vitesse moyenne de 26,90 nœuds, confirmant son excellente entame de compétition.
Les premières manches ont permis d’esquisser une hiérarchie, sans pour autant désigner les futurs vainqueurs. Les épreuves se poursuivront vendredi avec de nouveaux parcours, tandis que les équipes continueront d’affiner leurs réglages entre chaque sortie en mer.
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