Et si la prochaine génération de catamarans de l’Energy Class était imaginée par des étudiants ? C’est le pari du Yacht Club de Monaco, qui a lancé le 3 novembre le Monaco Energy Class Design Challenge 2027. Ce concours s’adresse aux universités et écoles d’ingénieurs du monde entier, avec une mission : concevoir une nouvelle plateforme de catamaran, plus efficace sur le plan hydrodynamique, sans faire de compromis sur la sécurité ni sur les possibilités de fabrication.
Les étudiants repensent le catamaran de l’Energy Class et ont jusqu’au 1er mai 2027 pour déposer leur dossier. Les équipes finalistes seront invitées à le défendre à Monaco, devant un jury international, lors de la 14e édition du Monaco Energy Boat Challenge, du 29 juin au 3 juillet 2027. À la clé, une dotation de 1 000 € pour le design retenu.
Depuis ses débuts, l’Energy Class repose sur un principe simple. Toutes les équipes disposent d’une même coque de catamaran, fournie par le Y.C.M. À elles ensuite de concevoir le cockpit, de choisir leur système de propulsion et de travailler sur la gestion de l’énergie. C’est là que se joue une bonne partie de la compétition.
Cette fois, les étudiants vont pouvoir s’attaquer à la plateforme elle-même. Deux coques, 5,50 m de longueur maximale contre environ 5 m actuellement, et une largeur pouvant atteindre 2,70 m, contre 2,50 m aujourd’hui. Le cadre technique est fixé, mais il reste encore beaucoup à explorer.
Forme des carènes, résistance des matériaux, procédés de fabrication… Les équipes devront trouver le bon équilibre entre performance, sécurité et faisabilité. Les étudiants pourront même explorer des solutions assistées par foils, à condition que le catamaran reste une embarcation de surface. Le vol intégral étant exclu du règlement.
Autre contrainte, et non des moindres : le catamaran devra rester une base commune, capable d’accueillir différentes motorisations, sources d’énergie et configurations de cockpit. Pas question de concevoir une plateforme qui avantagerait une technologie plutôt qu’une autre. Les étudiants repensent le catamaran de l’Energy Class mais doivent répondre à un cahier des charges exigeant.
Le règlement est on ne peut plus clair et tout manquement est éliminatoire. Les dimensions des structures et des interfaces doivent accueillir une puissance continue totale allant jusqu’à 35 kW, charges de poussée, de couple, d’impact et transitoires comprises. L’embarcation complète, hors coques, ne doit pas dépasser 300 kg en mode course. Un poids total qui comprend notamment celui du pilote d’au moins 70 kg.
Autre caractéristique obligatoire, le catamaran doit répondre aux exigences de la catégorie de conception C, qui sont applicables aux bateaux de plaisance en France. Autrement dit, les futures coques devront pouvoir naviguer jusqu’à force 6 sur l’échelle de Beaufort et avec des creux pouvant atteindre 2 m.
Le concours est ouvert aux étudiants en architecture navale, ingénierie maritime, hydrodynamique, matériaux composites ou conception industrielle. Les équipes peuvent réunir plusieurs spécialités et bénéficier de conseils extérieurs, à condition de rester les principales conceptrices de leur projet.
Le calendrier laisse plusieurs mois pour travailler. Un premier point d’étape facultatif est prévu le 12 mars 2027, avant la remise des dossiers complets, en anglais, le 1er mai.
Les candidatures seront ensuite examinées pendant le mois de mai. Le 1er juin, les finalistes connaîtront leur sélection pour Monaco, où ils présenteront leurs travaux à l’occasion du Monaco Energy Boat Challenge.
Pour ces étudiants, l’exercice dépasse le simple dessin d’un bateau. Il faudra justifier des choix techniques, démontrer leur intérêt et convaincre qu’ils pourraient être appliqués à une plateforme destinée à plusieurs équipes.
Créée en 2018, l’Energy Class a déjà permis à de nombreuses équipes universitaires de mettre leur technologie à l’épreuve sur l’eau. Avec ce nouveau concours, le Yacht Club de Monaco leur propose de travailler sur ce qui, jusqu’à présent, était commun et imposé à tous les concurrents.
Le projet gagnant ne deviendra pas automatiquement le nouveau catamaran de la catégorie. Il devra encore passer par des études d’ingénierie, la réalisation éventuelle d’un prototype et des essais avant qu’une décision soit prise sur son adoption.
Et il faudra penser à la suite. Les candidats devront aussi démontrer que leur catamaran peut être fabriqué, d’abord sous forme de prototype, puis en petite série de dix exemplaires, avec des coûts maîtrisés.
Mais c’est bien l’ambition de ce Monaco Energy Boat Challenge 2027 : faire émerger, à partir des travaux des étudiants, une plateforme susceptible d’équiper les prochaines éditions de l’Energy Class.
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