Après deux années de conception et de construction, Malizia 4 a été mis à l’eau à Lorient en juillet 2026. Le nouvel IMOCA a depuis traversé deux fois l’Atlantique et disputé sa première course en équipage, The Ocean Race Atlantic, entre New York et Lorient, en septembre dernier. Boris Herrmann et son équipe y avaient pris la quatrième place, à seulement cinq minutes du podium. La Route du Rhum marque désormais son premier grand test en solitaire, une configuration que Boris Herrmann apprécie particulièrement : « Naviguer en solitaire m’aide à créer un lien avec le bateau. Quand on est seul, on peut davantage l’écouter et vraiment ressentir chaque vague et chaque rafale ». Avant le départ, le skipper affichait sa confiance : « Je me sens vraiment bien et j’ai une grande confiance dans le bateau et dans l’équipe. Tout le monde fait un travail remarquable et je suis très reconnaissant envers l’équipe et nos partenaires pour leur engagement. De la conception à la construction, Malizia 4 semble déjà très fiable. J’ai hâte de découvrir tout ce que nous pouvons en tirer. »
Pour Pierre Casiraghi, vice-président du Yacht Club de Monaco et cofondateur de Team Malizia, cette transatlantique doit permettre de mieux mesurer le potentiel du bateau en solitaire et sur la durée : « La Route du Rhum va nous permettre de voir comment Malizia 4 se comporte sur la durée avec un seul marin à bord. Le bateau a été conçu pour être plus polyvalent que son prédécesseur, notamment au près et dans les vents plus faibles, tout en conservant de très bonnes capacités de vol lorsque les conditions se renforcent. »
Avec 22 concurrents engagés en IMOCA, la compétition s’annonce particulièrement relevée. Boris Herrmann retrouve notamment Maxime Sorel (Vaincre la Mucoviscidose), Francesca Clapcich (11th Hour Racing) et Jérémie Beyou (Charal). De son côté, Violette Dorange, à la barre d’Initiatives-Cœur, a endommagé son foil tribord après une collision avec le trimaran Use It Again de Romain Pilliard, au large de l’île de Bréhat. Les deux skippers ont été contraints de se dérouter.
Le skipper allemand affiche une ambition claire, tout en sachant qu’il doit encore apprivoiser sa nouvelle unité : « Mon objectif officiel est de terminer dans les six premiers. Certains concurrents préparent cette course depuis deux ans et connaissent parfaitement leur bateau. De notre côté, nous devons encore apprendre à tirer le meilleur de cette nouvelle unité. Un bateau neuf demande généralement un à deux ans pour atteindre tout son potentiel. Nous verrons si nous sommes capables de créer la surprise. »
Cette édition s’annonce très tactique. La présence d’une dépression dans l’Atlantique central perturbe le régime habituel des alizés et pourrait conduire les concurrents à privilégier une route plus au nord avant de redescendre vers les Antilles. « Il n’y a actuellement pas de route évidente vers le sud. Les conditions sont inhabituelles et pourraient favoriser une trajectoire plus septentrionale, en allant chercher les systèmes dépressionnaires et les passages de fronts », analyse Boris Herrmann.
Les premiers IMOCA sont attendus en Guadeloupe dans un délai estimé de 10 à 12 jours. Lecture de la météo, gestion du bateau et capacité à maintenir le rythme seront déterminantes jusqu’à Pointe-à-Pitre.
Au-delà du résultat sportif, cette Route du Rhum constitue une nouvelle étape dans la préparation de Team Malizia. À l’issue de la transatlantique, Malizia 4 rejoindra Alicante, où l’équipe se retrouvera en vue de The Ocean Race 2027, avant de poursuivre sa préparation avec le Vendée Globe 2028-2029 en ligne de mire. Boris Herrmann poursuit ainsi son engagement dans la course au large au sein d’un projet associant performance sportive, innovation, recherche scientifique et sensibilisation aux enjeux climatiques. Pour l’heure, une seule priorité : traverser l’Atlantique et rejoindre Pointe-à-Pitre.
Suivre la course : Tracker officiel de la Route du Rhum
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